Explorer la vie avec curiosité, conscience et émerveillement
4 Septembre 2026
Cet été, il m’est arrivé quelque chose que je n’avais pas vraiment prévu : pendant quatorze jours de croisière, je n’ai quasiment pas eu de Wi-Fi.
Au départ, évidemment, ça fait drôle.
Plus ce réflexe de prendre son téléphone pour regarder Instagram, répondre immédiatement à un message, vérifier une information, lire les actualités ou simplement faire défiler un écran sans même savoir ce qu’on est venu y chercher.
Et puis les heures passent. Les jours aussi.
Et je me suis rendue compte d’une chose toute simple : quand les écrans prennent moins de place, il reste soudain énormément de place pour autre chose.
Du temps. Du vrai.
Pour regarder. Marcher. Lire. Discuter. Dessiner. Écrire. Observer les gens. Regarder la mer. Ne rien faire aussi.
Alors pourquoi ne pas profiter de septembre pour essayer ?
Je n’ai aucune envie de supprimer les écrans de ma vie. Ils font partie de mon quotidien, de mon travail, de mes échanges et de ma créativité. J’aime mon blog, Instagram, chercher une adresse lorsque je voyage, prendre des photos, partager ce que je découvre.
Le problème n’est probablement pas l’écran lui-même. C’est la place qu’on finit parfois par lui laisser.
Ces cinq minutes qui deviennent vingt. Ce téléphone que l’on attrape dès qu’une attente se présente. Ces notifications que l’on consulte alors qu’on était justement en train de faire autre chose.
Pendant ma croisière, l’absence de Wi-Fi a supprimé une grande partie de ces automatismes.
Alors plutôt que de parler de déconnexion, j’ai envie de parler de reconnexion.
À ce que l’on fait. À ce qui nous entoure. Aux autres. Et peut-être un peu à soi.
Je marche beaucoup et pourtant, comme tout le monde, je peux facilement sortir mon téléphone pendant une promenade.
Une photo. Un message. Une notification. Et nous voilà ailleurs.
En septembre, j’ai envie de retrouver certaines marches pendant lesquelles le téléphone reste dans le sac ou dans la poche.
Regarder autour de soi.
La lumière commence déjà à changer. Les matins sont différents. Les journées sont encore belles, mais quelque chose annonce doucement la saison suivante.
Pendant cette croisière, j’ai aussi retrouvé le plaisir du carnet.
Dessiner, écrire quelques mots, garder une couleur, une impression, une scène.
Le papier oblige à ralentir.
On ne gomme pas tout. On ne corrige pas immédiatement. On laisse une trace imparfaite de ce que l’on vient de vivre.
Septembre peut être l’occasion de commencer un carnet sans objectif particulier.
Pas forcément un journal intime. Quelques phrases. Une liste. Une aquarelle. Une fleur séchée. Un ticket. Une idée entendue quelque part.
Quelque chose qui existe ailleurs que dans notre téléphone.
Il y a une différence immense entre lire vingt minutes et passer vingt minutes à sauter d’un contenu à l’autre.
Le livre impose son rythme.
Il nous demande de rester là.
Pourquoi ne pas remettre un livre sur la table de nuit en septembre et laisser, certains soirs, le téléphone dans une autre pièce ?
Quelques pages avant de dormir.
Non pas comme une nouvelle règle à respecter, mais comme un rendez-vous que l’on attend.
Peindre. Cuisiner. Jardiner. Écrire. Tricoter. Bricoler. Faire de la poterie. Préparer un gâteau. Composer un bouquet.
Peu importe.
Nos journées sollicitent énormément nos yeux et notre cerveau, mais parfois très peu nos mains.
Or fabriquer quelque chose nous ramène immédiatement dans le présent.
Et si on tentait en septembre, les marchés changent de couleurs, les légumes et les fruits sont différents, les soirées deviennent plus douces, on commence doucement à retrouver le plaisir d’être chez soi.
Même le bien-être est devenu connecté.
Et si, de temps en temps, nous n’avions besoin de rien ?
Dérouler son tapis. Fermer les yeux. Respirer.
Faire quelques mouvements que l’on connaît déjà et écouter ce dont le corps a envie aujourd’hui.
Dix minutes peuvent suffire.
Le yoga peut aussi être cela : un moment où personne ne nous dit quoi faire.
Cela paraît presque trop simple pour être proposé comme une activité.
Et pourtant.
Quand avez-vous regardé un coucher de soleil sans prendre immédiatement votre téléphone pour le photographier ?
Quand avez-vous observé la lune quelques minutes ?
En croisière, j’ai beaucoup regardé la mer et l’horizon. Il ne se passait parfois absolument rien. Et parfois une chose extraordinaire comme des dauphins qui apparaissaient !
Un café. Une marche. Un déjeuner. Un apéritif improvisé. Une conversation qui dure.
Nous n’avons jamais autant échangé et pourtant une succession de messages ne remplacera jamais totalement le temps passé avec quelqu’un.
Pourquoi ne pas décider qu’en septembre, certains messages deviendront des rendez-vous ?
« Il faut vraiment qu’on se voie » pourrait enfin devenir une date dans l’agenda.
C’est probablement ce que ces quatorze jours m’ont le plus rappelé.
Nous ne nous ennuyons presque plus. Dès qu’une minute se libère, nous la remplissons.
Dans une file d’attente : téléphone.
À la terrasse d’un café : téléphone.
Dans le train : téléphone.
Avant un rendez-vous : téléphone.
Au lit : téléphone.
Et si nous laissions quelques-uns de ces espaces vides ?
L’ennui n’est peut-être pas un vide à combler. C’est parfois l’espace dont nous avons besoin pour que quelque chose d’autre puisse apparaître.
Je ne veux surtout pas transformer tout cela en une nouvelle liste d’injonctions.
Alors pas de grande détox numérique ni de téléphone enfermé dans un tiroir pendant trente jours.
Seulement quelques expériences à tenter :
Et surtout : observer ce qui se passe.
Que faisons-nous lorsque nous récupérons ce temps ?
Je pensais que l’absence de Wi-Fi pendant ma croisière allait surtout être une contrainte.
Finalement, elle m’a offert quelque chose. De l’espace. De la liberté !
Je n’ai pas envie de revenir en arrière ni de vivre sans connexion. J’aime trop tout ce que le numérique nous permet de faire, de découvrir et de partager.
Mais j’ai envie de garder cette petite leçon de voyage avec moi :
chaque fois que je pose mon téléphone, quelque chose d’autre devient possible.
Une conversation.
Une idée.
Quelques pages.
Une promenade.
Un dessin.
Un silence.
Un regard posé un peu plus longtemps sur ce qui m’entoure.
Yoga Teacher
Aventurière de l'âme
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