Explorer la vie avec curiosité, conscience et émerveillement
25 Septembre 2026
Je marche, je marche beaucoup...
Ces derniers mois, j’ai accumulé les kilomètres, les pas, les chemins, les montées, les descentes. J’ai marché tôt le matin, seule, accompagnée, avec Atlas. J’ai marché pour faire du sport et parfois sans autre objectif que celui d’avancer.
J’ai marché vite. J’ai marché longtemps.
J’ai marché en ville, sur des chemins, en montagne.
Et récemment, j’ai même grimpé plus de 1 000 mètres de dénivelé en quelques kilomètres. À certains moments, mon cœur battait très fort, mes jambes brûlaient et je me demandais vaguement pourquoi j’avais trouvé que c’était une bonne idée.
Et pourtant, j’aime ça. De plus en plus.
Je pourrais vous parler des bienfaits de la marche. Vous expliquer qu’elle est excellente pour le système cardiovasculaire, les muscles, le sommeil, le stress et probablement encore une dizaine d’autres choses.
Mais ce n’est pas de cela dont j’ai envie de parler.
J’ai plutôt envie de vous raconter ce que marcher change en moi.
Je suis encore capable de transformer une promenade en objectif. Combien de kilomètres ? Combien de pas ?
Combien de temps ? Quel dénivelé ? À quelle vitesse ?
J’aime savoir jusqu’où je suis allée. J’aime constater que mon corps est capable de faire davantage que ce que j’imaginais. J’aime aussi progresser.
Mais il se passe quelque chose d’étrange lorsque je marche longtemps.
À un moment, les chiffres disparaissent, je ne sais pas exactement quand.
Peut-être après cinq kilomètres. Peut-être après dix. Peut-être au sommet d’une montée suffisamment difficile pour ne plus avoir la moindre envie de regarder ma montre.
Je marche.
C’est tout.
Au début d’une marche, je pense beaucoup. À ce que je dois faire. À ce que j’aurais dû dire. À ce que quelqu’un m’a dit. À ce que je vais écrire.
À demain.
À hier.
Mon cerveau arrive avec toutes ses valises.
Et puis mes jambes prennent le relais.
Un pied devant l’autre.
Encore et encore.
La respiration trouve son rythme. Le corps chauffe.
Et sans que je fasse quoi que ce soit pour cela, certaines pensées perdent leur importance.
Je ne les ai pas résolues. Je n’ai pas trouvé la réponse. Elles sont simplement devenues moins bruyantes.
C’est probablement ce que j’aime le plus dans la marche : elle ne règle pas mes problèmes.
Elle les remet à leur place.
La montagne change complètement les règles.
Là-haut, impossible de tricher.
Quand ça monte, ça monte.
On peut râler, négocier mentalement, regarder le sommet en espérant qu’il se rapproche plus vite : cela ne change absolument rien.
Il faut continuer.
Lors de ma dernière grosse randonnée, j'ai réalisé la montée de 900 D+ en 2h41,
Sur le papier, ce sont des chiffres.
Sur le terrain, ce sont des jambes qui chauffent, le souffle qui accélère, le cœur qui travaille et cette petite voix qui demande parfois :
« Mais pourquoi tu fais ça ? »
Et puis on arrive.
On se retourne.
Et on réalise le chemin parcouru.
J’aime énormément cette sensation.
Peut-être parce que la montagne rend visible quelque chose qui l’est beaucoup moins dans la vie : on voit exactement d’où l’on vient.
Bien sûr, il y a le corps.
J’aime me sentir forte.
J’aime sentir mes jambes capables de me porter longtemps.
J’aime monter, transpirer, sentir mon cœur accélérer et constater que ma condition physique progresse.
À 54 ans, cela compte pour moi.
Beaucoup.
Mais si je marche autant aujourd’hui, ce n’est probablement plus uniquement pour cela.
Je marche pour l’espace que cela crée.
Entre mes pensées.
Entre les autres et moi.
Entre ce que je dois faire et ce que j’ai réellement envie de faire.
Je marche parfois pour réfléchir.
Et souvent, finalement, pour arrêter de réfléchir.
Peut-être parce que lorsque le paysage avance, il devient plus difficile de croire que tout est immobile.
Peut-être parce que le corps nous rappelle une chose extrêmement simple : pour avancer, il n’est pas nécessaire de connaître toute la route.
Il suffit parfois de savoir où poser le prochain pied.
Alors je marche.
Beaucoup.
Demain, certainement encore.
Je continuerai probablement à regarder mes kilomètres, mes pas, mon dénivelé et mon rythme cardiaque parce que je me connais suffisamment pour ne pas prétendre le contraire.
Mais je sais désormais que les chiffres ne racontent qu’une toute petite partie de mes marches.
Le plus important ne se mesure pas sur ma montre.
C’est ce qui se passe, quelque part entre le moment où je pars et celui où je rentre.
Je bouge.
Mon corps avance.
Ma tête se calme.
Et, sans vraiment savoir comment, quelque chose en moi finit toujours par avancer aussi.
Yoga Teacher
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